GLOBALMUS : Création musicale, circulation et marché d’identités en contexte global
   

Gilles HOLDER

Les louanges chantées zikiri (Mali) : modernité religieuse et prédication par le divertissement.

Biographie

Gilles HOLDER, Anthropologue au CNRS

Centre d’Études des Mondes Africains (CEMAf, UMR 8171)

Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme

5, rue du Château de l’Horloge

B.P. 647 - 13094 Aix-en-Provence cedex 2

http://www.cemaf.cnrs.fr

• Membre du CEMAf

• Membre du Conseil de laboratoire du CEMAf

• Membre du projet ANR-AIRD PUBLISLAM (http://publislam.net/)

• Membre associé à l’UR 107 de l’IRD Constructions identitaires et mondialisation

• Membre associé à l’Institut des Sciences Humaines de Bamako (Mali)

Responsabilités éditoriales

• Membre du secrétariat scientifique de la série Islam & Sociétés au sud du Sahara, Paris, Rivages des Xantons/Les Indes savantes – http://lesindessavantes.com/index.html

• Membre du comité scientifique de la revue RS&A (Recherches Sociologiques et Anthropologiques) Université catholique de Louvain-la-Neuve, Belgique – http://www.uclouvain.be/rsa.html

• Membre du comité de lecture de la revue en ligne RAHIA – Recherche en Anthropologie et en Histoire de l’Afrique – http://cemaf.mmsh.univ-aix.fr/rahia...

Coordination de la recherche

• Coordinateur du projet « PUBLISLAM – Espaces publics religieux. États, sociétés civiles et islam en Afrique de l’ouest », programme ANR-AIRD « Les Suds aujourd’hui » (ANR-07-SUDS-016-01) – http://publislam.net/

Séminaires d’enseignement et de recherche

• Responsable du séminaire international « Espaces publics religieux » du projet PUBLISLAM (ANR-07-SUDS-016-01) (http://publislam.net/spip.php?rubrique30)

• Responsable du séminaire de laboratoire du CEMAf Aix « L’Afrique en contextes. Pouvoirs, espaces et discours », MMSH, Aix-en-Provence (http://www.cemaf.cnrs.fr/spip.php?a...)

Publications

Ouvrage

2001, Poussière, Ô Poussière ! La Cité-État sama du pays dogon (Mali), Nanterre, Société d’ethnologie, coll. « Mémoires de la Société d’ethnologie VI », 503 p.

Directions d’ouvrages

• 2004, Cité-État et statut politique de la ville en Afrique et ailleurs, Journal des Africanistes 74 (1-2) (en coll. avec A.-M. Peatrik). Texte en ligne.

• 2009, L’islam en Afrique. Vers un espace public religieux ?, Paris, Karthala, coll. « Les Terrains du Siècle » (sous presse).

Articles & chapitres

• 1998, « Esclaves et captifs au pays dogon. La société esclavagiste sama », L’Homme 145 : 71-108. Texte en ligne.

• 2001, « “Gens de caste” ou “Personnes-Blanches” ? Esquisse du statut de l’étranger natif du pays dogon », Journal des Africanistes 71 (1) : 121-148.

• 2002, « De la “cité-État” en Afrique noire. L’espace et le politique chez les Saman du pays dogon (Mali) », Cahiers d’Études africaines XLII (2), 166 : 257-283. Texte en ligne.

• 2003, « À l’épreuve du terrain. Résultats de l’enquête ethnographique », in Ph. Carré & O. Charbonnier (dir.), Les apprentissages professionnels informels, Paris, L’Harmattan : 31-104.

• 2003, « Jenne : Music as a Political Act in an African Muslim City », in A. Petruccioli et als. (eds.), The Planned City ? ISUF International Conference (Proceedings of the International Conference, Trani, 3-6 July, 2003), Bari, Uniongrafica Corcelli Editrice : 682-688 (en coll. avec E. Olivier).

• 2004, « De la ruse à l’État. Ce qu’usurper le pouvoir signifie chez les Saman du pays dogon », in S. Latouche et als. (dir.), Les raisons de la ruse. Une perspective anthropologique et psychanalytique, Paris, La Découverte/M.A.U.S.S. [« Recherches »] : 167-175.

• 2004, « Cité, centre, capitale : pour une anthropologie du statut politique de la ville », in G. Holder & A.-M. Peatrik (dir.), Cité-État et statut politique de la ville en Afrique et ailleurs, Journal des Africanistes 74 (1-2) : 9-34 (en coll. avec A.-M. Peatrik). Texte en ligne.

• 2004, « La Cité comme statut politique. Places publiques, pratiques d’assemblée et citoyenneté au Mali », in G. Holder & A.-M. Peatrik (s. dir.), Cité-État et statut politique de la ville en Afrique et ailleurs, Journal des Africanistes 74 (1-2) : 54-95. Texte en ligne.

• 2005, « Un mariage à Djenné : rituel et hiérarchies sociales. Situations ethnomusicologique, anthropologique ou politique ? », in O. Leservoisier (dir.), Terrains ethnographiques et hiérarchies sociales. Retour réflexif sur la situation d’enquête, Paris, Karthala [Hommes et sociétés] : 141-163 (en coll. avec E. Olivier).

• 2006, « Entre cité-État et cité musulmane. La commune imaginée à Djenné à l’heure de la décentralisation malienne », in C. Fay, et al. (dir.), Décentralisation et pouvoirs en Afrique. En contrepoint, modèles territoriaux français, Paris, IRD Éditions : 279-301.

• 2009, « Introduction. Vers un espace public religieux : pour une lecture contemporaine des enjeux politiques de l’islam en Afrique », in G. Holder (dir.), L’islam en Afrique. Vers un espace public religieux ?, Paris, Karthala, coll. « Les Terrains du Siècle », 8 p. (sous presse).

• 2009, « “Maouloud 2006”, de Bamako à Tombouctou. Entre réislamisation de la nation et laïcité de l’État : la construction d’un espace public religieux au Mali », in G. Holder (dir.), L’islam en Afrique. Vers un espace public religieux ?, Paris, Karthala, coll. « Les Terrains du Siècle », 27 p. (sous presse).

Descriptif du projet

Dans le vaste mouvement de réislamisation qui se déroule en Afrique de l’ouest depuis le début des années 1990, je m’intéresse en particulier au cas du Mali, pays où se développe des formes de prédication fondées sur des louanges chantées appelées zikiri (de l’arabe dhikr) et portées par des mouvements néo-confrériques, qui s’inscrivent dans une économie inédite de l’entertainment.

Ces louanges religieuses ont la particularité de privilégier les langues nationales sur l’arabe (langue savante de la religion) et le français (langue savante de l’administration), empruntant en cela au contenu et à la forme de la musique griotique malienne, tandis que leur caractère de prédication, inscrit dans un paysage islamique très concurrentiel, se traduit par une stratégie des médias de divertissement (chant, danse, VCD, « prime time » TV, etc.) aux dépens de ceux qui diffusent le rigorisme littéraliste des arabisants.

À partir de ces éléments factuels, l’hypothèse sociologique que je propose d’articuler aux travaux ethnomusicologiques que développe Emmanuelle Olivier autour du même objet est la suivante : l’engouement populaire pour cette forme de prédication et les pratiques musicales qu’elle induit dessinent les contours de ce que l’on pourrait appeler une « contre-culture » forgée par et pour les « cadets sociaux », contre-culture à la fois artistique, morale, politique et économique qui utilise le religieux comme espace d’émancipation sociale.

J’ajoute qu’en requérant ici la notion de « contre-culture », j’induis à dessein l’idée de compétition culturelle, dont les pratiques et l’idéologie font système, par opposition à la culture dominante qui produit (et protège) les « aînés sociaux ». De fait, le religieux tel qu’il est requis aujourd’hui en Afrique de l’ouest est typiquement l’expression de ce conflit. Mais on peut également le repérer à travers d’autres formes musicales, notamment le rap.

Toutefois, il est évident qu’on ne peut réduire cette pratique populaire des louanges chantées en langue nationale à une simple expression contestataire. Il s’agit plutôt d’y voir la promotion et la réhabilitation d’une culture populaire et contre-élitaire qui se nourrit à la fois de la globalisation libérale, de la faillite des politique de l’État et des nouveaux nationalismes qui se multiplient. Mon projet consiste à rendre compte de cette intelligibilité sociale à travers une entrée inédite : celle du phénomène de « prédication par le divertissement ».

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